Moi, Coordinateur Général Honoraire [Réseau Académique des Droits Sociaux] ! Un titre, une reconnaissance. Merci chers collègues !

De quoi s’agit-il

À sa dernière Assemblée Générale, tenue fin 2018, le Réseau Académique sur la Charte Sociale Européenne et les Droits Sociaux (RACSE/ANESC), que j’ai eu à coordonner pendant une décennie (jusqu’en 2017), m’a fait l’honneur de me décerner le titre exceptionnel de Coordinateur Général Honoraire. Cet honneur, le Coordinateur Général en fonction, mon collègue et ami Giovanni GUIGLIA de l’Université de Vérone, l’expliquait ainsi : « Tu es à l’origine de la création du RACSE, bien avant l’adoption formelle, en novembre 2013. En outre, nous n’avons pas oublié que pendant ta coordination tu as organisé sans cesse beaucoup d’événements qui ont contribué à faire progresser notablement le Réseau. Les résultats positifs du RACSE, jusqu’à la fin de ton mandat, sont indéniablement attribuables à ton incessant engagement. Aujourd’hui je peux dire, en tant que Coordinateur général du Réseau, que tu restes présent au sein de notre association, non seulement dans nos mémoires, mais aussi par tous tes articles et tes contributions, qui continueront à nous aider et à éclairer tous les chercheurs qui ont à cœur de faire progresser la Charte sociale et les droits sociaux ».

Il n’y a pas, à mes yeux, de plus bel hommage, ni de motif plus grand de satisfaction et de reconnaissance. C’est cette reconnaissance que j’ai voulu exprimer dans la lettre qui suit, que j’ai adressée au Coordinateur Général du Réseau ainsi qu’à chacun des membres dudit Réseau, lettre que j’ai décidé ensuite de publier ici, pour dire encore et encore MERCI !

Jfak

La lettre

Paris, le 15 février 2019

Objet : Lettre de remerciement

Bien cher Giovanni et Cher Coordinateur Général,

Chers membres du RACSE et bien chers collègues,

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai reçu du Coordinateur Général la notification de votre décision de me conférer le titre de Coordinateur Général Honoraire du Réseau académique sur la Charte sociale européenne et les droits sociaux (RACSE/ANESC).

J’en suis grandement honoré.

Je suis d’autant plus sensible à cette décision que vous avez voulu, par elle, exprimer votre reconnaissance pour les services rendus en tant que cofondateur du Réseau et en tant que Coordinateur Général pendant plus d’une décennie.

J’y vois surtout la reconnaissance de ce que notre engagement collectif a permis de faire avancer la cause de la pleine reconnaissance et de la protection effective des droits sociaux en Europe et au delà. J’en veux pour preuve, au plan politique, les Conférences de haut niveau de Turin de 2014 et de Bruxelles de 2015, dont il est ressorti la volonté des gouvernements européens d’une meilleure prise en compte des droits sociaux dans la perspective de la reconstruction ou, plus exactement, de la refondation de la société démocratique européenne à l’échelle du Conseil de l’Europe, de ses 47 Etats et de ses 820 millions de citoyens. Je retiens par ailleurs que notre action déterminée et juridiquement raisonnée n’est pas étrangère aux évolutions qu’on a pu constater ces deux dernières décennies en jurisprudence, qu’il s’agisse de la jurisprudence des instances européennes que sont la Cour européenne des droits de l’homme, la Cour de Justice de l’Union européenne et le Comité européen des droits sociaux, ou des jurisprudences nationales dans lesquelles la prise en compte de la Charte sociale européenne et des instruments juridiques de même nature comme source de droits justiciables est de plus en plus une réalité.

Ces évolutions doivent nous conforter dans l’idée que le RACSE/ANESC est de grande utilité et, plus encore, que la démarche choisie est la bonne. En effet, le sort des droits sociaux, et des droits humains en général, dépend certes de nos luttes politiques, sociales et citoyennes, mais celles-ci n’ont guère de chance d’aboutir si elles ne s’appuient pas sur des constructions rationnellement défendables et juridiquement pertinentes, les seules à même de déconstruire les obstacles intellectuels à la jouissance et à la protection effectives de ces droits. Par ailleurs une telle démarche doit prendre en compte la diversité des contextes et leviers socio-politiques et juridiques.

C’est en cela que réside la spécificité – et, je le crois, le caractère irremplaçable – de l’apport du RACSE/ANESC : dans son approche académique de science juridique, d’une part, et dans le souci, incarné par les sections nationales, de promouvoir une action européenne plurielle et adaptée, parce qu’enracinée dans les différents ordres et systèmes juridiques que renferme l’Europe. Il est heureux, ainsi qu’on peut le constater au vu du bilan de ces trois dernières années, que cette double orientation soit poursuivie et amplifiée. Et ce d’autant plus que les conquêtes, surtout dans ce domaine des droits sociaux, restent fragiles, toujours menacées de ruine par de puissants facteurs et intérêts contraires.

Chers collègues,

Recevant cette distinction comme une invitation à rester des vôtres et dans l’action, je veux vous dire que telle est bien mon intention. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement car l’engagement que nous partageons et que traduit le Réseau n’est pas d’ordre tactique à mes yeux. Il procède de solides convictions quant à l’accomplissement de notre tâche de citoyens-universitaires, au service des êtres humains et au service d’une humanité véritable, nourrie par l’exigence de dignité. C’est pourquoi je continuerai à me considérer comme partie prenante des batailles collectives que vous déciderez de mener, et auxquelles je prendrai part dans la mesure de mes forces disponibles. Mon engagement ces dernières années en Afrique, et spécialement en République Centrafricaine, ne change rien à cette volonté, d’une part parce qu’elle ne signifie en rien un désintérêt des enjeux européens et, d’autre part, parce qu’elle n’est qu’un prolongement de la lutte que nous menons depuis toujours pour le respect de la dignité humaine. Ainsi poursuivrons-nous la route ensemble.

Dans l’attente de vous retrouver, et en vous remerciant encore de l’insigne honneur que vous m’avez fait en me conférant le titre de Coordinateur Général Honoraire, je vous adresse, Monsieur le Coordinateur Général et bien chers collègues, mes plus chaleureuses salutations.

Jean-François AKANDJI-KOMBÉ

Professeur à l’Ecole de Droit de la Sorbonne,Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Doyen Honoraire de la Faculté de Droit de Caen

Coordinateur Général Honoraire du RACSE/ANESC

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