CENTRAFRIQUE – Ë ZÎNGO BÎANÎ – Mémorandum pour une sortie de crise par la restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel

Ë Zîngo Bîanî, le Front Uni pour la Défense de la Nation entend engager immédiatement la restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel…

LE MÉMORANDUM

MÉMORANDUM POUR UNE SORTIE DE CRISE EN CENTRAFRIQUE

Quatre (4) mois après la création de Ë Zîngo Bîanî, le Front Uni pour la Défense de la Nation, force est de constater que la situation nationale décrite dans nos précédentes déclarations est passée de très préoccupante à pratiquement explosive. Contrairement à la propagande présidentielle et gouvernementale, qui veut faire croire que tout va bien, la situation s’aggrave semaine après semaine, faisant courir au pays le risque d’une recrudescence de la crise, autrement plus dévastatrice qu’auparavant.

Fidèle à sa mission de « Défense de la Nation », la plateforme citoyenne Ë Zîngo Bîanî vient, par le présent Mémorandum, tirer une ultime alarme et appeler les différents acteurs, à commencer par le Président de la République, l’Assemblée Nationale et le Gouvernement, à un sursaut pour sauver l’Etat et la Nation Centrafricaine.

1- Des constats

1.a) Impasse sécuritaire

Le fait est là désormais, incontestable : l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation (APPR), dit Accord de Khartoum, a définitivement échoué à inscrire le pays dans la dynamique de retour à la paix et à la sécurité à laquelle les parties à cet accord, à savoir le Gouvernement et les groupes armés, se sont engagées sous la garantie et la facilitation de l’Union africaine et de la Communauté internationale.

Outre le constat fait par le représentant du Secrétaire Général des Nations Unies, M. Mankeur Ndiaye, selon lequel on enregistre au moins 70 violations de l’accord par semaine depuis sa signature, le leader du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) membre de la majorité présidentielle, affirme à l’instar de Ë Zîngo Bîanî, que :

  • la situation sécuritaire n’a pas changé d’un iota sur le terrain ;
  • les barrières érigées par les groupes armés restent pleinement actives;
  • les exactions sur les populations se poursuivent ;
  • aucun processus sérieux de désarmement des combattants n’est engagé ;
  • les groupes armés ont mis à profit le temps de leur légitimation par l’accord et de leur participation au pouvoir pour se réarmer et recruter de plus belle. ..

Dans ce contexte, les tueries de Mingala, les récents combats d’Amdafock et de Birao avec leurs cortèges d’exactions commises sur la population civile en sont une parfaite illustration.

Malgré tout, les sanctions prévues dans l’Accord ne sont pas mises en oeuvre.

La démission des chefs de guerre des hautes fonctions nationales qui leur avaient été confiées, sonne non seulement la mort définitive de cet accord, mais annonce aussi une nouvelle descente aux enfers pour le pays. Une telle perspective doit être combattue vigoureusement.

1.b) Impasse politique

Parce que le Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, a misé toute la gouvernance du pays sur l’Accord de Khartoum en faisant fi de la Constitution de la République, l’impasse sécuritaire née de l’échec de cet accord entraine en même temps une impasse politique. A titre d’illustration :

  • la nomination des chefs des groupes armés aux plus hautes fonctions de l’Etat en violation de la Constitution ;
  • la mise à l’écart des autres institutions constitutionnelles du pays par le Président de la République et par le Gouvernement ;
  • la violation systématique des libertés publiques des citoyens au prétexte de la recherche de la paix et de la cohésion sociale ;
  • la gestion clanique et patrimoniale du pouvoir ;
  • le détournement à grande échelle des fonds publics ;
  • la corruption endémique à la tête de l’Etat…

Tout cela a gravement mis à mal le pacte républicain et démocratique, en créant de surcroît chez les citoyens un sentiment de défiance généralisée.

L’accentuation de l’emprise des groupes armés sur plus de 80% du territoire, ainsi que la recrudescence de l’insécurité dans ces parties du territoire rendent pratiquement impossible l’organisation d’élections libres, transparentes et inclusives dans les délais impartis par la Constitution.

La situation du pays se caractérise ainsi par une totale faillite du pouvoir en place et une absence d’offre pour sortir de l’impasse politique. Il faut, et il est urgent de sortir le pays de cette impasse.

2- Des préconisations de sortie de crise

Ë Zîngo Bîanî, le Front Uni pour la Défense de la Nation, est convaincue qu’il reste possible, avec le concours de tous les Centrafricains et l’appui de la Communauté internationale, de sortir le pays de cette double impasse, sécuritaire et politique, et de le remettre sur le chemin du redressement.

Depuis sa naissance, Ë Zîngo Bîanî, le Front Uni pour la Défense de la Nation, a porté maintes revendications assorties de propositions. Le fait est cependant que ces revendications et propositions ont été volontairement ignorées par le Gouvernement et que la situation a continué à se détériorer. La déliquescence de l’Etat et de la démocratie, ainsi que l’accentuation de l’insécurité et le risque d’une nouvelle déflagration générale obligent à aller au-delà de la demande initiale de mesures ciblées et ponctuelles.

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est une réponse globale (institutionnelle, sécuritaire et sociale) qui repose sur une impulsion politique nouvelle, inclusive et déterminée, qui s’appuie sur la volonté des Centrafricains exprimée dans la Constitution et qui sauvegarde l’acquis du retour à l’ordre constitutionnel.

Pour la plateforme citoyenne Ë Zîngo Bîanî, cette réponse globale consiste dans la restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel.

Restaurer l’ordre démocratique et constitutionnel parce que la démocratie reconquise en 2016 au prix du sacrifice du peuple et moyennant l’engagement fort de la Communauté internationale est menacée dans ses fondements par les pratiques de concentration du pouvoir, de neutralisation des contrepouvoirs, d’élimination du pluralisme, mais aussi par la gestion clanique et patrimoniale du pouvoir.

Restaurer l’ordre démocratique et constitutionnel parce que l’Etat de droit souhaité par les Centrafricains s’est transformé en un Etat sans foi ni loi, sans justice pour le plus grand nombre, où les criminels ont la garantie de l’impunité tandis que le citoyen est empêché d’exercer ses libertés constitutionnelles.

Restaurer l’ordre démocratique et constitutionnel parce qu’il ne saurait y avoir de paix durable contre la volonté des Centrafricains exprimée par la Constitution et sans la participation des Centrafricains.

Restaurer l’ordre démocratique et constitutionnel parce qu’il est le meilleur garant d’une gestion publique au profit du plus grand nombre, et non seulement de quelques-uns, et d’une gestion transparente et équitable des richesses et ressources nationales ; le meilleur garant du progrès économique et social. Ë Zîngo Bîanî.

le Front Uni pour la Défense de la Nation entend engager immédiatement cette restauration de l’ordre démocratique et constitutionnel. Dans cet esprit, Ë Zîngo Bîanî appelle toutes les forces vives de la nation à entreprendre, dans les plus brefs délais et par toutes les voies prévues par la Constitution, les actions appropriées pour :

  • Mettre fin aux violations incessantes de cette Constitution, à commencer par les violations les plus graves, constitutives de crimes contre la Nation Centrafricaine ;
  • Mettre tout en oeuvre pour que le pouvoir d’Etat soit à l’avenir exercé en conformité stricte avec la Constitution et dans le respect des libertés et droits fondamentaux des Citoyens ;
  • Que les solutions de sortie de crise soient inspirées des Centrafricains, conformes à leur volonté et à la justice due aux victimes de cette crise.

Ë Zîngo Bîanî, le Front Uni pour la Défense de la Nation, en appelle aussi à la convocation urgente d’une Conférence Nationale Souveraine à laquelle toutes les forces vives de la Nation prendront part afin de créer un consensus de gouvernance, plus indispensable que jamais, pour sortir le pays de l’impasse.

Fait à Bangui, le 30 septembre 2019

Ë ZÎNGO BÎANI – FRONT UNI POUR LA DÉFENSE DE LA NATION

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